À l'aventure! Conquérons l'Asie!
Lorsque j'étais jeune, mes amies et moi avions pris l'habitude d'aller à la « Grosse Roche » située dans le bois derrière chez-moi. Pour monter sur elle, il fallait prendre un élan, sauter en posant le pied au bon endroit et se hisser à quatre pattes pour atteindre son sommet. En se serrant un peu les fesses, nous pouvions y tenir trois ou quatre.
Elle avait au moins deux mètres de haut et, à sa base, trois de large. Nous avions 9 ans et la « Grosse Roche » était le plus gros caillou du monde. Nous l'avions découverte et c'était notre secret.
Sans doute avions-nous entendu parler une fois ou deux de « la Stralie », mais il y a beaucoup trop de territoire inexploré dans le carré de sable d'un enfant pour qu'il se préoccupe d'une lointaine tâche de couleur sur une carte.
D'ailleurs, ne faut-il pas voir le devant du bout de ses souliers avant de pouvoir avancer d'un pas? (célèbre proverbe inventé à l'instant)
Aujourd'hui, grande de mes 28 printemps, avec dans les pieds de vieux espadrilles tâchés de la poussière rouge qui drape l'Australie, mon carré de sable en a pris pour son rhume. Nous avons vu Uluru, le plus gros monolithe répertorié qui se fait dorer au milieu du désert australien.
En faire le tour nous a pris près de trois heures à pieds. L'enfant en moi, à qui jamais je n'avais dit qu'il existait caillou plus gros que le sien, a d'abord gardé le silence en fixant l'immensité de cette pierre. Il faut la comprendre, une certitude était en train de vaciller dangereusement.
Après s'en être approchée pour vérifier qu'il ne s'agissait pas d'une dune de sable, elle s'est mise à sourire de toutes ses dents.
Pas la même sorte de pierre que celle de son enfance.
Aucune comparaison possible.
Et toc!
(^-^)