À l'aventure! Conquérons l'Asie!
Sous le toit couvert d'un marché en plein air.
Histoire de faire provision de quelques fruits exotiques, nous glissons savamment entre les allés exigües d'un marché labyrinthique. Nous tâchons tout à la fois de faire place aux gens venant en sens inverse et de conserver notre équilibre précaire. Une tâche qui nécessite beaucoup d'attention.
D'autant plus que nous préférons ne pas nous retenir sur les étals des commerçants. Nous risquerions de mettre la main sur un des poulets montés en pyramide, de perdre prise sur le sang qui s'échappe de la viande suspendue ou encore d'écraser de précieux escargots qui tentent d'ailleurs une évasion de groupe. Ça ferait mauvais genre, quoi.
Tantôt distraits par les appels des commerçants qui tentent de capter notre attention, nous sursautons constatant la fraîcheur des poissons. La mer est loin, j'en ai peur. L'évasion sera plus difficile.
Puis, le nez exigeant un peu de repos, nous choisissons une allée gorgée de fruits et légumes. On ne les reconnaît pas tous, mais ils sont inoffensifs et agréablement parfumés. Il n'en faut pas plus pour que nous nous mettions à acheter un peu de ceux-ci et deux ou trois de ceux-là.
Notre repos temporaire n'a rendu la surprise que plus grande. Au terme de ce corridor, il y a, comme triomphante, une immense tête de bœuf. Pour ajouter au caractère ragoûtant de la chose, sa grande langue pendouille sur le côté de la table.
Face aux clients, le spectacle est encore plus impressionnant. Sa calotte crânienne retirée, nous pouvons apercevoir un cerveau déjà entamé par de fins gourmets. Quelques ringgits seulement pour cent grammes de bouillie fraîche.
Il y a des amateurs?
(^-^)
Tous des enfants
En bordure de la capitale, un temple Hindou construit dans une grotte attire plus d'un million de voyageurs annuellement. En dépit des fidèles croyants, les touristes s'agglutinent en masse au pied de la falaise pour monter les quelques 272 marches qui les séparent d'un de leurs contes pour enfant.
Tout en bas, souhaitant la bienvenue et imposant le respect des lieux, une statue Murga de 43 mètres de haut fait de l'ombre au nouvel arrivant et distille en lui une nouvelle sensation. L'humilité, sans doute.
Les escaliers sont enclavés entre deux pans de forêts. Elles s'étalent telle une immense langue qui pendouille d'une bouche qui s'esclaffe, édentée, ne lui restant que quelques impressionnants stalagmites. À l'intérieur de la grotte, la grandeur des lieux doit porter l'écho jusqu'aux milliers de dieux hindous. Pourtant, nous n'entendons que des chuchotements. Même les chauves-souris s'abstiennent de ronfler.
À l'extérieur, d'autres par contre travaillent de tout cœur à désacraliser l'endroit par leurs ricanements et leur course rarement interrompue. Ils surgissent par dizaines, prêts à toutes les pirouettes pour recevoir quelques arachides ou bananes. Qu'ils auront, de gré ou de force.
Nos premiers singes en liberté. Une minute de silence.
Me voyant, grand sourire béat dans le visage, un jeune indien remplit le creux de ma main de quelques arachides l'air de dire « À toi! Tu vas voir comme c'est amusant! »
Nous l'imitons donc, proposant une à une les arachides qu'un dominant, un jeune ou une mère avec son enfant soudé sur le ventre vient adroitement cueillir avant de la croquer à nos côtés.
À les photographier, à les suivre, à les nourrir, nous sommes encore plus nombreux qu'eux. Hindous, musulmans, catholiques; chinois, indonésiens, indiens, français, québécois, portugais, américains; jeunes, adolescents, adultes, vieillards, l'espace d'un instant, nous sommes tous les mêmes.
Des enfants, rigolant simplement.
(^-^)