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À l'aventure! Conquérons l'Asie!

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La Chine avec un petit c

Départ de la gare d'autobus. De nos couchettes, nous apercevons le soleil par la fenêtre qui s'étire. On se couchera bientôt aussi; 12 heures de transport, mieux vaut dormir.

À peine avons-nous quitté la ville et fermé un demi-œil que nous nous arrêtons le long de l'autoroute. Trois hommes montent à bord. Ils échangent quelques billets avec le chauffeur, visiblement satisfait. Plus loin encore, six hommes nous rejoindront de la même façon. Puis deux autres.

Rapidement, les deux étages de couchettes sont occupées. À l'étage inférieur, les hommes doivent se serrer les uns sur les autres, restreignant ainsi au minimum l'espace de chacun. D'autres, moins chanceux, s'étendent à même l'allée. Du second, j'assiste au spectacle et je vois la moue de mon amoureux. Tant qu'à partager son lit, il aurait sans doute choisi autrement.

Durant tout le voyage, notre chauffeur n'arrêtera qu'à trois reprises dans des bourgs isolés. Mieux vaut pour lui ne pas se faire pincer par la police.

Il attendra qu'il soit 22h00 pour nous mener à une petite cantine où nous pourrons enfin souper. Notre seule option, un plateau de riz, légumes et viande, se vend à un prix qui fait sourciller Tina. Puis, tendant les billets, elle m'explique. Le chauffeur reçoit un montant pour chaque plateau vendu. Il s'assure donc que nous soyons affamés avant de faire halte pour le souper.

Parmi vos options, vous pouvez appeler la police, et vivre avec les conséquences qu'elle fera subir au chauffeur. Licenciement assuré!

Ou encore, vous vous taisez, passez une nuit baignée dans l'haleine de vos partenaires de voyage, en imaginant qu'ainsi le chauffeur profite d'une vie plus aisée. « La seule façon pour lui d'envoyer ses enfants à l'université », ajoutera Tina avant de s'endormir et de me laisser, seule, avec ma réflexion sur le petit « c » de la Chine. Celui qui est partout. Celui de la corruption.

(^-^)

Partout, je vous dis

Le plan de la journée est chargée et ce n'est que deux heures avant la fermeture du musée d'histoire de Xi'an que nous y arrivons enfin. La déception nous gagne: pour acheter les billets d'entrée, il faut se joindre à une file qui s'échappe jusqu'à la rue. Une heure d'attente, il n'y a pas à douter.

Après une minute de piétinement, à se demander que faire, un homme nous aborde. Il a un cellulaire à la main. Ils nous proposent, moyennant un supplément de cinq yuans par personne, d'appeler les gardes qui surveillent l'entrée du musée afin qu'ils nous laissent passer. Sans fouille, de surcroît.

Vous penseriez que l'attrape est grossière, qu'une fois l'homme en question payé, une fois le « coup de téléphone » donné, vous vous ferez intercepter à l'entrée... Et pourtant, cinq minutes plus tard, vous vous secouez la tête pour vous convaincre que vous êtes bel et bien en face de reliques historiques...

Combien pour ce vase de la dynastie Tang?

(^-^)

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