À l'aventure! Conquérons l'Asie!
La veille, à l'information touristique de Geelong –tout juste avant d'emprunter la spectaculaire Great Ocean Road— trois volontaires retraités avaient multiplié leurs recommandations avec la sollicitude de grands-parents qui insistent pour que les plus jeunes portent un foulard dès les premiers signes d'automne.
En plus d'avoir fait pour nous une réservation d'auberge, de nous avoir empli les bras de brochures et de cartes, de nous avoir recommandé la prudence sur la route, de nous avoir fourni tous les détails concernant ce qu'il y avait à voir, à faire, à éviter, à ne pas manquer, ils nous avaient donné deux conseils. Ce qu'ils venaient de prononcer sur un ton anodin représentait pour nous la possible réalisation d'une quête plus ou moins consciente (non, rien de moins!).
1) Sur un golf, à côté de notre auberge, nous pouvions le matin apercevoir des kangourous.
2) Un détour nous mènerait sur une route isolée bordée d'arbres dans lesquels de petites boules de poils pouvaient être aperçues.
Je me trompe peut-être mais venir en Australie et ne pas voir de kangourous et de koalas dans leur milieu naturel, c'est un peu comme aller à Beijing et ne pas visiter la grande muraille de Chine. Ça se fait, mais qu'est-ce que c'est nul.
Cette brillante considération faite, sachez maintenant que, de même que nous avons vu la muraille de Chine à Beijing, nous avons aussi vu des kangourous et des koalas en Australie. Et, pardonnez mon blasphème, mais j'en suis encore à me demander si les animaux en liberté ne m'ont pas davantage impressionnée que le mur de Chine...
Sur le terrain de golf, un groupe d'une vingtaine de kangourous se dodinaient. Ne suffisait que l'un d'entre eux se gratte l'oreille, saute ou marche et nous poussions de grands cris enthousiasmés avant d'ajouter en cœur: « Il s'est gratté! Il a sauté! Regardez, il marche! ». Oooooooooooooooooooo!!! Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa!!!
De quoi avions-nous l'air aux yeux des quatre joueurs qui tentaient en vain de se concentrer pour améliorer leur moyenne? J'imagine que nous ressemblions à peu de chose près à quatre Zymbanistanais qui débarqueraient dans notre cour arrière et deviendraient hystériques à la vue d'un raton laveur qui tenterait de se décoller une pelure de pomme de terre coincée entre ses dents. Nous avions l'air de ce que nous étions: quatre touristes survoltés!
Par chance, les koalas n'ont pas semblé être troublés par notre hystérie qui a atteint son apogée à leur vue. C'était l'heure de la sieste et, de même que le surf est la religion des Australiens, le dodo est celui des koalas. Peu de choses peuvent modifier cela.
Peut-être par esprit de sacrifice, l'un d'entre eux avait choisi de dormir dans le plus petit des arbres. À notre hauteur, nous aurions pu le toucher. Ce que j'aurais sans doute fait si mon frère ne m'avait pas rappelé que malgré son aspect inoffensif, ses griffes étaient longues comme mes doigts. Bon point. Les photos suffiront.
À moins que, du bout des doigts... Non? Bon... Faut quand même écouter son grand frère...
(^-^)