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À l'aventure! Conquérons l'Asie!

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De la détresse à l'enchantement

Après le Tibet, il me fallait me reposer. D'accord pour un jour ou deux. Voire trois jours, dans le pire des cas. Mais au-delà de ça, rester captive d'une chambre d'hôtel alors que nous sommes en Chine, ce n'est bon qu'à dégrader davantage ma santé. Et à me faire marmonner des insanités. Pas bon, tout cela.

Pourquoi ne pas alors faire une croisière de quatre jours sur le Yangzi, fleuve le plus puissant de la Chine qui coule entre les Trois Gorges, qu'on s'est dit. Aussitôt dit, aussitôt réservé.

Départ de Chongqing, ville admirablement accueillante, pour peu que l'on souhaite jouer un air lancinant de violon et apprendre à faire des nœuds coulants. Si j'exagère? Attendez-voir!

À notre sortie de l'autobus, une guide nous accueille. Elle s'excuse de tenir ainsi un mouchoir sous son nez. C'est la pollution, que voulez-vous, elle saigne du nez. Un 39ºC nous enveloppe aussitôt, collant à notre peau un épais smog gris. La rue est congestionnée de voitures et bordée d'intimidants murs créés par des rangées d'immeubles d'habitation qui, s'ils pouvaient voir le soleil, ne le verraient que quelques minutes chaque jour. Quelqu'un, ici, s'est amusé à lancer tous les HLM d'un mauvais jeu de Monopoly les uns sur les autres. Ça n'a pas dû faire rire grand monde...

La vision troublante nous détourne vers le fleuve. Pour aussitôt fermer les yeux un bref instant. Il n'y a pas d'eau; qu'un puissant dépotoir sur le dos duquel glissent des bateaux, des nappes d'huile et des déchets de toutes sortes. La rive opposée se tient dans un halo.

(Que faites-vous avec cette bouteille de pilules à la main? D'accord, je nous fais quitter Chongqing sur-le-champ!)

Un joyeux « Welcome » nous accueille à bord de notre rafiot de luxe. Tout le personnel semble heureux de notre présence: sur les centaines de chinois à bord, il n'y aura que quatre occidentaux. Une seule femme occidentale. À se faire regarder de la sorte, faut pas être trop timide...

Nous partageons notre chambrette avec un couple de chinois. Si une méthode d'apprentissage ultra-rapide du chinois ou de l'anglais avait existée, nous aurions tous les quatre payé le fort prix pour se la procurer. Quatre jours de sourires, de gestes, de rires, de « ni hao » et de « bye bye »...

Après la première journée, l'eau est revenue. Ça a été un peu plus long pour les couleurs, mais quand même. Le paysage, hallucinant, nous a fait oublier la grisâtre du ciel. Nous cheminions tel un bateau de papier, minuscule au creux des gorges qui semblaient veiller, de bien haut, sur notre course.

Et l'enchantement a commencé. Il s'est présenté comme étant Tina et Baba.

Un père et sa fille, provenant de la région de Chengdu, qui se sont liés aussi vite à nous que nous à eux. C'est rare, mais cela se produit. On pourrait presque dire une « amitié spontanée » si le terme n'avait pas quelque chose de ronflant.

Tina, ayant appris l'anglais en Angleterre, nous traduisait ce que son père parvenait pourtant bien souvent à nous mimer. À la fin de la croisière, c'était décidé: nous continuerons le voyage ensemble. Pour quelques jours, tout au moins.

À brûle-pourpoint, nous avons décidé d'aller à Xi'an. Nous avons vu l'armée de terre cuite, les pagodes, les murs fortifiés... mais, je vous l'avoue, d'un œil bien inattentif. Nous étions bien trop occupés à écouter Tina nous parler de l'histoire, des coutumes, des non-dits de son pays. Trop occupés à manger les dizaines de spécialités régionales, guidés par l'appétit insatiable de Baba. Bref, nous étions beaucoup trop occupés à être heureux pour désirer autre chose.

(^-^)



Ils sont fous, ces chinois

Vous savez, à Québec, les barrages hydroélectriques, on connaît et ceux des autres n'ont rien pour nous impressionner. Sauf, peut-être, si vous visiter la Chine. Ils en sont à finaliser un barrage qui abreuvera en besoins énergétiques des millions des leurs. Avec 185 mètres de hauteur, 2 kilomètres de large, ce projet est le plus grand entrepris depuis le mur de Chine (merci au Lonely Planet).

Les résidences de deux millions de personnes seront ensevelies sous les eaux. Il en coûtera plus de 75 milliards. Les Gorges perdront de leur charme. Mais le progrès est en marche. Il ne faut pas en douter, la Chine est bien décidée à être la superpuissance mondiale du 21e siècle.

La détresse et l'enchantement.
Inséparables, en Chine.

(^-^)

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L
C'est fantastique Alain de suivre ce périple! Vite le Web! Tu t'exprimes bien, j'ai l'impression d'y être avec vous.Lucie Ratté
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M
Bravo encore pour les textes et les photos!  Parmi les dernières, j'ai particulièrement apprécié celles de Chengdu, celle où l'on voit Alain, relax, parmi les rochers et celle de Marie-Josée sur un balcon bien spécial..  C'est l'fun de vous suirvre.  Bonne route!
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