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À l'aventure! Conquérons l'Asie!

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Les cerisiers en couleurs

C'est l'automne. Les forêts rougissent et l'air du soir est piquant. Maintenant au pays du soleil levant depuis deux semaines, le soleil nous accompagne dans presque toutes nos sorties. Nous? Les amoureux en voyage et Hélène et Claude—les parents d'Alain—qui nous ont rejoints pour notre périple nippon.

Oui, on est chanceux. On se le répète régulièrement. Heureux de voyager, heureux d'être réunis. Heureux, quoi.

De Tokyo, à Kurashiki, Hiroshima, Osaka, Nara et Kyoto, il y a donc quatre « gaijings » qui visitent et tâchent de comprendre l'enchevêtrement des règles qui dictent le mode de vie des japonais. Sans doute la première chose à nous avoir frappés.

Un seul jour au Japon est suffisant pour comprendre que tout élément de la vie sociale est organisé suivant un perfectionnisme qui frise la démence. Il en va ainsi de leurs systèmes de transports, de leurs divertissements, de leur apparence comme de leur vie, ou du moins l'apparence qu'ils en projettent. Pas fameux pour la santé mentale...

Pour nous qui arrivons de la Chine, le contraste est troublant. Voir articles précédant.

Sans bruit et diligemment, les voitures circulent et respectent scrupuleusement les règles routières. Les gens parlent à voix basse, et encore, bien peu. Un métro bondé pourtant résolument silencieux, c'est presque aussi plaisant qu'inquiétant.

Chaque fonction s'accompagne de procédures à respecter. S'il est bien connu que le théâtre, la cérémonie du thé et l'affrontement des sumos s'opèrent suivant un protocole rigoureusement codifié, l'occidental (le gaijing gauche, chacun de nous quatre en l'occurrence) se heurtera (en douceur, comme tout le reste au Japon) à de nombreuses autres « situations procédurales » qui le laisseront patois. Pour seul exemple, dans la station de train le vendeur de billets s'inclinera d'abord à notre vue, récitera quelques formules apprises, et alignera les billets que nous souhaitons acheter à angle droit sur le comptoir avant de s'incliner à nouveau. Je n'ose pas imaginer les règles que doivent respecter les hauts fonctionnaires... Les tours de reins sont surement fréquents.

L'apparence et l'honneur semblent inextricablement liés. Il faut voir les coiffures compliquées, les maquillages longuement travaillés, les habits toujours hautement chics. Et ce policier, pourtant assigné à un coin de rue désert depuis de longues heures, ne laissera paraître aucun signe de laissez-aller. À notre venue, le dos bien droit, il alignera les bras pour nous inviter à traverser. Et les itinérants qui, à chaque soir, reconstruisent leur maison de carton pour s'y engouffrer entièrement. Seul signe de leur présence: les souliers alignés à l'extérieur et les bas lavés qui sèchent.

Mais malgré leur politesse impeccable et leur sourire avenant, il se dégage des japonais une forme d'inaccessibilité. En public, toutes les manifestations de l'intime sont pudiquement voilées. Pas de baisers volés au coin d'une rue, pas de mains qui se font tenir ou serrer lors de présentation. Même les enfants, qui en Chine s'aperçoivent généralement bras-dessus bras-dessous, ne semblent pas chercher ici un tel contact. Peut-être préfèrent-ils même le ballon chasseur à la tag BBQ... Qu'est-ce qu'ils manquent, quand même!

Vivant suivant de rigoureux protocoles, c'est ainsi qu'une pécadille est susceptible de devenir le grain de sable dans l'engrenage qui les plongera dans un grand embarras. Un malaise bien souvent incompréhensible pour nous: comme s'ils étaient en représentation devant un grand public et que soudainement nous ne leur avions pas donné la bonne réplique. Une jeune serveuse se met dans tous ses états en nous annonçant, au moment de la commande, que nous devrons attendre dix minutes avant de recevoir nos plats; une autre ne peut retenir un rire nerveux, répétant tel un vieux disque rayé « yes, yes, yes » plutôt que de nous avouer, tout simplement, qu'elle ne parle pas anglais. À côté des chinois qui slurpent leur soupe, rigolent de bon cœur et se jouent volontiers dans le nez en public, il y a un monde!

Et je ne m'étonne qu'à demi de voir que les déguisements, les avatars de bandes dessinées et le maquillage connaissent un tel succès au Japon. Tant de codes nous laissent songeurs; la culture nipponne nous oblige à rester spectateurs. Mais pour un spectacle, c'en est tout qu'un!

En contrepartie, la perfection et l'élégance rejoint aussi le domaine culinaire. Alors là, j'ai rien à redire. C'est d'ailleurs impoli de parler la bouche pleine.

(Slurp!)

(^-^)

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M
Demande spéciale... pourrions-nous voir quelques photos de ces succulents plats japonnais? Tu connais mon obsession pour la bouffe !!MF xxx
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